La majorité contrainte de réagir après le « séisme » des Européennes

La majorité contrainte de réagir après le « séisme » des Européennes
François Hollande et Manuel Valls vont tenter de convaincre le pays de la nécessité de poursuivre une politique largement sanctionnée dans les urnes dimanche soir. Le succès du Front national aux Européennes fait aussi tanguer l’UMP.
Le double choc de l’effondrement du score du parti socialiste et de la victoire FN oblige la majorité à une réaction rapide. Sévèrement désavoué, François Hollande va tenter, dès ce lundi 26 mai, de tirer avec Manuel Valls les leçons d’un séisme électoral qui fragilise la place de la France en Europe.
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Malgré une abstention massive, le léger regain de participation (43 %) par rapport au scrutin de 2009 conforte le succès du FN qui, selon un décompte de l’AFP, remporte 24 sièges, devant l’UMP (20) et le PS (13), sur les 74 sièges d’eurodéputés attribués à la France. L’UDI-MoDem en aurait 7, EELV 6, le Front de gauche 3. Le dernier allant à un DVG élu outre-mer.
> Retrouvez les députés élus en France par circonscription (Pour afficher la carte en plein écran, cliquez ici)
NOUVELLES BAISSES D’IMPÔTS
Manuel Valls avait prévenu que, quel que soit le résultat du scrutin, il n’entraînerait « pas de changement de gouvernement » ni de « ligne économique ». Dimanche soir, lors de son intervention télévisée, le premier ministre a lui même parlé de « séisme », d’un moment « très grave pour l’Europe et la France ». Mais face à cela, le chef du gouvernement a confirmé qu’il n’y aurait pas de virage politique. Il veut « aller plus vite » pour réformer la France, car « il n’y a pas une seule minute à perdre ».
Ce matin, sur RTL, Manuel Valls a prôné de nouvelles baisses d’impôts dans le cadre de la loi de finances 2015, « notamment de l’impôt sur le revenu parce que cette fiscalité pèse lourdement sur les couches populaires et sur les classes moyennes ».
CRITIQUES DE L’AILE GAUCHE ET DES VERTS
Cette stratégie, deux mois après les élections municipales de mars au cours desquelles les socialistes avaient perdu 155 villes de plus 9 000 habitants, risque de provoquer des remous dans la majorité. Christian Paul, un des leaders du groupe des 41 « députés frondeurs » ayant refusé de voter la confiance à Manuel Valls sur le pacte de responsabilité, a déclaré dimanche soir que « la responsabilité du président de la République, c’est maintenant de changer de politique ».
Sa collègue Marie-Noëlle Lienemann, membre de l’aile gauche du PS, a estimé que les leçons des municipales n’ont toujours pas été tirées. « Ni le choix de Manuel Valls, ni le choix de la politique qu’il nous propose n’est de nature à remobiliser les couches populaires ».
Chez les écologistes, autres grands perdants du scrutin avec un score inférieur de moitié à celui de 2009, les critiques vont se durcir à l’égard de l’exécutif. Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé a estimé que le résultat des élections européennes était « un désaveu de la ligne économique et sociale » du gouvernement et qu’il fallait « une remise en cause ».

DÉCHIREMENTS À L’UMP
Au lendemain de ce succès historique du FN, la remise en cause est aussi à l’ordre du jour à l’UMP, qui s’est retrouvée derrière le FN dans cinq circonscriptions. La première formation de l’opposition est « atteinte dans sa crédibilité » et son « honneur », selon l’ancien premier ministre François Fillon.
Empêtré dans l’affaire Bygmalion et les soupçons de favoritisme en faveur de cette société fondée par deux de ses amis, le président de l’UMP Jean-François Copé, sera en ligne de mire lors du bureau politique du parti qui se tiendra mardi 27 mai.
Des voix se font entendre pour que le mouvement sorte au plus vite de cette mauvaise situation. Franck Riester, secrétaire général adjoint de l’UMP et député de Seine-et-Marne, a ainsi proposé d’avancer au printemps 2015 les primaires dans son parti en vue de l’élection présidentielle de 2017 pour « mettre fin à cette compétition entre nos responsables ».
VOTE D’ADHÉSION POUR LE FN
Marine Le Pen, qui tiendra une conférence de presse mardi 27 mai, se donne ainsi le temps d’analyser dans le détail son succès électoral. Avec 33,6 % des voix dans le Nord-Ouest, où elle était tête de liste, l’eurodéputée sortante triple son score de 2009 (10,18 %) et le FN rafle la moitié des 10 sièges.
La baisse de l’abstention par rapport aux élections européennes de 2009 dans des départements comme la Somme et le Pas-de-Calais, qui va de pair avec un fort vote FN, semble signifier que Marine Le Pen a gagné son pari de la mobilisation des milieux populaires. Plus que jamais, le parti d’extrême droite peut revendiquer un vote d’adhésion et non plus simplement de protestation.
BERNARD GORCE / Infographie: Audrey Dufour
http://www.la-croix.com/Actualite/France/La-majorite-contrainte-de-reagir-apres-le-seisme-des-Europeennes-2014-05-26-1156141?xtor=EPR-9-%5B1300641510%5D

Mahasham & Azouzi

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"J'ai fait le premier pas et le plus pénible dans le labyrinthe obscur et fangeux de mes confessions. Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux." Jean-Jacques Rousseau : Les confessions
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