Kobané : la faute de la Turquie


Kobané : la faute de la Turquie

Editorial du Monde. La politique de la Turquie face à la crise syrienne se solde par une double tragédie, régionale et intérieure. C’est aussi un échec personnel pour le président Recep Tayyip Erdogan qui l’a inspirée, d’abord comme chef du gouvernement puis, depuis août, comme chef de l’Etat. Telle est la leçon principale – il y en a d’autres – des événements de ces dernières 24 heures enSyrie et sur le territoire turc.
Le premier drame se déroule à Kobané, troisième ville kurde de Syrie, le long de la frontière avec la Turquie. La localité est en passe de tomber aux mains des djihadistes du groupe dit « Etat islamique » (EI). Depuis des mois, quelques milliers de militants kurdes – pour la plupart syriens – opposent une résistance acharnée aux chars et à l’artillerie lourde de l’EI. Mardi soir 7 octobre, ils étaient en voie d’être écrasés, en dépit de quelques bombardements aériens menés par les Etats qui participent à la coalition anti-EI, principalement les Etats-Unis.
Lire Les dernières informations sur la situation à Kobané
La prise de Kobané donnera aux djihadistes un atout considérable : le contrôle de la route longeant une bonne partie de la frontière syro-turque. Elle consolidera leur emprise sur un immense territoire. Elle leur permettra demultiplier les trafics de contrebande qui assurent la richesse de l’EI. Enfin, elle soulignera l’inefficacité des raids aériens de la coalition internationale, qui prétend « vaincre » l’EI, mais n’arrive même pas à contenir sa progression en terrain découvert.

La physionomie de la bataille aurait sans doute pu être différente si la Turquie était intervenue. Elle dispose de la deuxième force terrestre de l’OTAN. Elle est la superpuissance militaire régionale. Depuis des semaines, l’armée turque a déployé des chars face à Kobané, le long de la frontière. Ils auraient puneutraliser en partie les positions d’artillerie de l’EI. Ils n’ont pas tiré un seul obus.
Ankara a décidé d’intégrer la coalition anti-EI, mais n’a rien fait pour freinerl’avance des djihadistes vers Kobané. Pourquoi ? La Turquie ne veut pas d’une zone autonome kurde syrienne à sa frontière. Pareille zone pourrait servir de base arrière aux militants du PKK, l’organisation combattante des Kurdes de Turquie.
« Pour nous, le PKK ne vaut pas mieux que l’EI », a lancé le président Erdogan. C’est inexact. Tout se passe plutôt comme si Ankara, qui a longtemps laissépasser en Syrie les militants islamistes les plus extrémistes, préférait encore l’EI aux Kurdes…
Ce « choix » a provoqué un deuxième drame: les manifestations violentes, mardi soir, des Kurdes de Turquie. Elles ont fait au moins 14 morts. La situation peut relancer la guerre qui, depuis trente ans, oppose le PKK à l’armée turque. Elle peut torpiller la courageuse tentative de négociation avec le PKK menée par M. Erdogan.
Tout à sa volonté de faire tomber son homologue syrien, Bachar Al-Assad, le président turc exerce une manière de chantage: pas de participation effective d’Ankara à la lutte contre l’EI tant que les Etats-Unis ne s’impliquent pas davantage contre le régime de Damas. C’est une politique irréaliste qui n’arrêtera pas la déstabilisation régionale et qui risque de déstabiliser la Turquie à l’intérieur.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/10/08/kobane-la-faute-de-la-turquie_4502370_3232.html

Turquie : 14 morts dans des manifestations pro-kurdes
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ISTANBUL – 7 oct. 2014 – Des violents heurts ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi dans plusieurs villes de Turquie, notamment à Istanbul, entre les forces de l’ordre et des manifestants pro-kurdes.
A l’appel du principal parti politique kurde de Turquie, le Parti démocratique du peuple (HDP), des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour soutenir les combattants kurdes qui luttent contre les djihadistes du groupe Etat islamique à la frontière avec la Syrie, à Kobané notamment. Malgré le feu vert du Parlement à une opération militaire contre l’EI, le gouvernement turc refuse d’intervenir, provoquant la colère des populations kurdes.
Ces affrontements ont fait 14 morts à travers le pays, notamment dans des villes kurdes du sud-est de la Turquie. De nombreux blessés et d’importants dégâts matériels ont également été recensés. A Istanbul, mégalopole qui abrite une importante communauté kurde, 98 personnes ont été interpellées.
Si Kobané tombe, les pourparlers de paix engagés il y a deux ans par Ankara et le PKK, un mouvement rebelle kurde très puissant, prendront fin, ont averti les Kurdes.

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Azouzi & Maha

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"J'ai fait le premier pas et le plus pénible dans le labyrinthe obscur et fangeux de mes confessions. Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux." Jean-Jacques Rousseau : Les confessions
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