Le président al-Assad : Les Syriens n’acceptent pas que la Syrie serait une marionnette pour l’Occident

Le président al-Assad : Les Syriens n’acceptent pas que la Syrie serait une marionnette pour l’Occident
03/12/2014

Damas /Le président Bachar al-Assad a souligné que les Syriens n’acceptent pas que leur pays serait une marionnette pour l’Occident, affirmant que c’est l’un des buts et principes clés de la Syrie.

Dans des extraits d’une interview accordée au magazine “Paris Match”, qui sera publiée demain, le président al-Assad a qualifié d’”infondés” les propos disant que les frappes de la coalition auraient aidé dans la lutte contre Daech.

” Si les frappes de la coalition étaient sérieuses et efficaces, je dirais qu’elles seraient certainement utiles, mais c’est nous qui luttons contre Daech sur le terrain, et nous n’avons senti aucun changement, surtout que la Turquie continue à soutenir Daech directement dans ces régions”, a affirmé le président.

Répondant à une question sur la possibilité de rétablir les contacts avec l’actuel président français François Hollande, le président al-Assad a dit que ce n’est pas une question de relations personnelles, mais plutôt une question de relations entre les Etats et les établissements et d’intérêts entre les deux peuples.

“Quand il y a un responsable ou un gouvernement français qui œuvre en faveur des intérêts communs des deux pays, nous travaillons avec lui,” a-t-il ajouté, soulignant que l’actuelle administration française œuvre contre les intérêts du peuple syrien et de son propre peuple.

“Quant à moi d’être son adversaire personnel, je ne vois aucune logique en cela. Je ne suis pas en compétition avec Hollande non plus. Je crois que son concurrent en France est maintenant Daech, parce que sa popularité est proche de celle de Daech “, a ajouté le président al-Assad.
Le président a déclaré qu’un capitaine ne pense pas à la vie ou à la mort, mais plutôt à sauver le navire, parce que si le navire coule, tout le monde va mourir.
Et le président al-Assad de confirmer : “Rester président n’est pas un objectif pour moi ni avant ni après la crise”.

http://www.sana.sy/fr/?p=18018

ENGLISH:
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President al-Assad: We won’t be a puppet state for the West

Damascus, SANA – President Bashar al-Assad stressed that the Syrians will not accept that Syria be a puppet state for the West, affirming that this is one of Syria’s key goals and principles.
In excerpts from an interview given to Paris Match magazine, which will be published on Thursday, President al-Assad said “To say that the [anti-ISIS] coalition’s airstrikes are helping us is incorrect.”
“Had these strikes been serious and effective, I would say they would be helpful for sure, but it’s we who are battling against ISIS on the ground, and we haven’t sensed any change, especially since Turkey is still providing direct support to ISIS in those areas,” the President said.
Answering a question on the possibility of reestablishing communication with the current French President Francois Hollande, President al-Assad said that this isn’t an issue of personal relations, but rather an issue of relations between states and establishments and interests between two countries’ people.
“When there is a French official or government that would work for the two countries’ common interests, we would work with it,” he added, stressing that the current French administration is working against the interests of the Syrian people and against the interests of the French people at the same time.
“As for me being his personal opponent, I see no logic in that. I’m not competing against Hollande in anything. I believe that his competitor in France now is ISIS, because his popularity is similar to that of ISIS,” President al-Assad added.
The President said that a captain doesn’t think about life or death but rather about saving the ship, because if the ship sinks, then everybody will die, so the priority is saving the country, asserting that remaining president was never his goal before, during, or after the crisis.

http://www.sana.sy/en/?p=20381

ARABIC:
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الرئيس الأسد لمجلة باري ماتش الفرنسية: لا يمكن القضاء على الإرهاب من الجو.. لن نقبل أن تكون سورية دمية للغرب

دمشق-سانا
قال السيد الرئيس بشار الأسد إنه لا يمكن القضاء على الإرهاب من الجو ولا يمكن تحقيق نتائج على الأرض إن لم تكن هناك قوات برية ملمة بتفاصيل جغرافية المناطق وتتحرك معها بنفس الوقت.. لذلك بعد أكثر من شهرين من حملات التحالف لا توجد نتائج حقيقية على الأرض بهذا الاتجاه.
وأضاف الرئيس الأسد في حوار مع ريجيس لي سوميير نائب رئيس تحرير مجلة باري ماتش الفرنسية ينشر نصه الكامل غداً: القول إن ضربات التحالف تساعدنا غير صحيح.. لو كانت هذه الضربات جدية وفاعلة سأقول لك إننا سنستفيد بكل تأكيد.. ولكننا نحن من نخوض المعارك على الأرض ضد “داعش” ولم نشعر بأي تغير وخاصة أن تركيا ما زالت تدعم “داعش” مباشرة في تلك المناطق.

وردا على سؤال حول إمكانية إعادة التواصل مع الرئيس الفرنسي فرانسوا هولاند قال الرئيس الأسد: القضية ليست علاقات شخصية.. أنا لا أعرفه أساسا.. القضية هي علاقات بين الدول والمؤسسات وهي علاقة مصالح بين شعبين.. عندما يكون هناك أي مسؤول فرنسي أو حكومة فرنسية تعمل من أجل المصلحة المشتركة نحن سنتعامل معها.. ولكن هذه الإدارة تعمل ضد مصلحة شعبنا وضد مصلحة الشعب الفرنسي في نفس الوقت أما بالنسبة لأن أكون أنا عدوه الشخصي فأنا لا أرى منطقا في ذلك.. فأنا لا أنافس هولاند على أي شيء.. أعتقد أن من ينافسه في فرنسا الآن هو “داعش” لأن شعبيته قريبة من شعبية “داعش”.
وأضاف الرئيس الأسد: القبطان لا يفكر بالموت أو الحياة.. يفكر بإنقاذ السفينة.. هذا ما يفكر به فإذا غرقت السفينة سيموت الجميع وبالتالي فالأحرى بنا أن ننقذ البلاد. لكن أريد أن أؤكد شيئاً مهماً وهو أن بقائي رئيساً ليس هدفاً بالنسبة لي قبل الأزمة ولا خلالها ولا بعدها. لكن نحن كسوريين لن نقبل أن تكون سورية دولة دمية للغرب.. هذا بكل وضوح أحد أهم أهدافنا ومبادئنا.

Journal de Syrie 3/12/2014, Le Président Bachar Al-Assad reçoit Paris Match

Pour son grand décryptage du jour, Olivier Galzi recevait Régis Le Sommier, rédacteur adjoint de la rédaction de Paris Match et Randa Kassis, présidente du mouvement de la société pluraliste en Syrie pour évoquer l’interview de Bachar al-Assad qui compare la popularité de François Hollande à celle des terroristes du groupe Etat Islamique.

Syrie : le message de Bachar al-Assad à la France

Notre envoyé spécial à Damas, Régis Le Sommier, dévoile les à-cotés de son entretien avec le président syrien Bachar El-Assad.

Bachar El-Assad: les coulisses de l’interview

Le président al-Assad au magazine Paris Match : Les Syriens n’accepteront jamais que leur pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident ( Le Texte intégral de l’interview)

Le président Bachar al-Assad a affirmé que la Syrie attaque le terrorisme là où il se trouve, sans prendre en considération ce que font les Etats-Unis ou la coalition, précisant que les Syriens n’accepteront pas que leur pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident. “C’est un principe fondamental pour nous”, a-t-il insisté.
Dans une interview accordée au magazine français Paris Match, le président al-Assad a précisé qu’on ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de résultats réels. “Ce n’est donc pas vrai que les frappes de la coalition nous aident”, a-t-il affirmé.
Et le président al-Assad d’ajouter : “Le terrorisme est une idéologie qui ne connaît pas de frontières et non pas des organisations ou des structures. “Il y a vingt ans, le terrorisme s’exportait depuis notre région, en particulier depuis les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite. A présent, il nous vient d’Europe, et notamment de France”, a-t-il indiqué, précisant que le plus gros contingent de terroristes occidentaux venus en Syrie est français.
Voici le texte intégral de l’interview :

Paris Match – Monsieur le président, après trois ans de guerre, au point où nous en sommes aujourd’hui, regrettez-vous de ne pas avoir gérer les choses différemment au début, lorsque les premiers signes de révolte sont apparus en mars 2011 ? Vous sentez-vous responsable ?

Le président Al-Assad – Dès les premiers jours, il y avait des martyrs de l’armée et de la police. Nous avons donc, dès cette époque, fait face au terrorisme. Il y avait certe des manifestations, mais pas en grand nombre. Notre seul choix était de défendre le peuple contre les terroristes. Il n’y en avait pas d’autres. Nous ne pouvons pas dire que nous le regrettons car nous luttions contre le terrorisme dès les premiers jours. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’erreurs commises dans la pratique. Il y a toujours des erreurs. Parlons aussi franchement ; si le Qatar n’avait pas financé dès le début ces terroristes, si la Turquie ne leur avait pas apporté un soutien logistique et l’occident un soutien politique, les choses auraient été différentes. La Syrie connaissait des problèmes avant la crise, ce qui est normal, mais cela ne signifie pas qu’il faille trouver aux événements une origine intérieure.

-Durant cette guerre, on reproche à votre armée d’avoir utilisé massivement la force. Pourquoi bombarder des civils ?

-Lorsqu’un terroriste vous attaque, croyez-vous que vous pouvez vous défendre par le dialogue ? L’armée a eu recours aux armes lorsque l’autre partie en a fait usage. Notre but ne saurait être de frapper les civils. Comment peut-on résister pendant quatre ans en tuant des civils, c’est-à-dire son propre peuple, et en même temps combattre les terroristes et les pays hostiles qui les soutiennent, à savoir ceux du Golfe, la Turquie et l’Occident ? Si nous ne défendions pas notre peuple, nous serions incapables de résister. Par conséquent, il n’est pas logique de dire que nous bombardons les civils.

-Des images satellites de Homs ou de Hama montrent des quartiers oblitérés. L’ONU, une organisation à laquelle adhère votre pays, parle de 190 000 morts au cours de cette guerre. Les habitants de ces quartiers étaient-ils tous des terroristes ?

-D’abord, il faudrait vérifier les statistiques des Nations Unies. Quelles en sont les sources ? Les chiffres qui circulent aujourd’hui dans le monde, notamment dans les médias, sont exagérés. Ils sont faux. Ensuite les images de destruction ne sont pas seulement des photos satellites, mais des photos prises sur le terrain. Ces destructions sont réelles. Lorsque des terroristes pénètrent dans une région et l’occupent, l’armée doit la libérer. Des combats sont alors engagés. Il est donc normal qu’il y ait destruction. Dans la plupart des cas, lorsque les terroristes s’installent, les civils prennent la fuite. En vérité, le plus grand nombre de victimes en Syrie se compte parmi les partisans de l’Etat, et non l’inverse. Beaucoup ont été tué lors d’attentats. Quand vous avez la guerre et le terrorisme, il y a hélas des victimes innocentes. Ca arrive n’importe où, d’ailleurs. Mais il n’est pas concevable qu’un Etat vise ses propres citoyens.

-Toujours selon l’ONU, trois millions de syriens sont réfugiés dans les pays limitrophes, soit un huitième de la population syrienne. Est-ce que ce sont tous des alliés des terroristes ?

-Non, non. La plupart de ceux qui ont quitté la Syrie l’ont fait à cause du terrorisme. Parmi ces réfugiés, certains soutiennent les terroristes, d’autres l’Etat. Ces derniers ont quitté le pays pour des raisons de sécurité. Une grande partie des réfugiés ne soutient personne.

-D’un point de vue militaire, avez-vous les moyens de gagner la guerre ?

-A présent, nous combattons des Etats, pas seulement des bandes. Des milliards de dollars leur sont versés. Des armes leur ont été fournies par des pays comme la Turquie. Il ne s’agit pas d’une guerre facile d’un point de vue militaire. Pourtant, l’armée syrienne progresse dans beaucoup de régions. Personne ne peut encore prévoir quand cette guerre prendra fin, ni comment. Nos adversaires pensaient, au début, gagner le cœur des syriens. Ils n’y sont pas parvenus. Ils ont perdu le soutien de la population locale. C’est précisément ce qui a permis à l’armée de progresser. Nous devons envisager la guerre d’un point de vue militaire, social et politique.

-Mais ils n’ont pas encore perdu, puisque la moitié de votre pays vous échappe ?

-L’armée syrienne ne peut être partout à la fois. Là où elle n’est pas présente, les terroristes en profitent pour franchir les frontières et s’infiltrer dans telle ou telle zone. Mais à chaque fois que l’armée décide de reprendre une région, elle y parvient. Il ne s’agit pas d’une guerre entre deux armées, où l’une occupe un territoire et l’autre un autre. Il s’agit d’un autre type de guerre. Nous avons affaire à des groupes terroristes qui s’infiltrent dans une ville ou dans un village. Cette guerre sera donc longue et difficile.

-Beaucoup disent que la solution c’est votre départ. Avez-vous vous-même envisagé que votre départ soit la solution ?

-Partout dans le monde, un chef d’Etat arrive au pouvoir par un mécanisme constitutionnel, et il le quitte par le même mécanisme. Un président ne peut ni s’imposer ni quitter le pouvoir par le chaos. La preuve tangible, ce sont les conséquences de la politique française en Libye avec la décision d’attaquer Kadhafi. Quel en a été le résultat ? Après son départ, il y a eu le chaos. Son départ était-il la solution ? La situation s’est-elle améliorée ? La Lybie est-elle devenue démocratique ? L’Etat est comme un navire : dans la tempête, le capitaine ne prend pas la fuite. Il ne quitte pas le bord. Si les passagers doivent s’en aller, alors il sera le dernier à partir.

-Cela veut dire que le capitaine est prêt à mourir. Vous avez évoqué Mouammar Kadhafi, est-ce que vous avez peur de mourir de la même façon que Saddam Hussein ou que Kadhafi ?

-Le capitaine ne pense pas à la mort, ni à la vie, il pense à sauver son navire. S’il fait naufrage, tout le monde mourra. Il faut donc mieux tout faire pour sauver son pays. Mais je voudrais souligner une chose importante. Mon but n’est pas de rester président, ni avant, ni pendant, ni après la crise. Mais quoiqu’il arrive, nous autres Syriens, n’accepterons jamais que notre pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident. C’est un principe fondamental pour nous.

-Parlons du groupe Etat Islamique. On entend dire parfois qu’au départ, le régime syrien a encouragé la montée des radicaux islamistes pour diviser l’opposition. Que répondez-vous ?

-D’abord en Syrie, nous avons un Etat, pas un régime. Soyons clair sur la terminologie. Si nous supposons que cela est vrai, et donc que nous avons soutenu l’Etat Islamique, cela revient à dire que nous leur avons demandé de nous attaquer, d’attaquer nos aéroports militaires, de tuer des centaines de nos militaires, d’occuper nos villes et nos villages. Où est la logique là-dedans ? Qu’avions-nous à gagner dans tout cela ? Diviser et affaiblir l’opposition, comme vous le dites ? Nous n’avions pas besoin de le faire. L’Occident lui-même reconnaît que cette opposition était fantoche. C’est ce qu’Obama lui-même a dit. L’hypothèse est donc fausse. Mais alors, où est la vérité ? En réalité, l’Etat Islamique a été créé en Irak en 2006. Ce sont bien les Etats Unis et non la Syrie qui occupaient l’Irak. Abou Baker al Baghdadi était dans les geôles américaines et non dans les prisons syriennes. Qui a donc créé l’Etat Islamique ? La Syrie ou les Etats Unis ?

-Les Syriens que nous rencontrons à Damas font plus allusion aux cellules dormantes djihadistes en occident qu’à la guerre contre l’Etat Islamique. C’est étonnant, non ?

-Le terrorisme est une idéologie et non des organisations ou des structures. Or, l’idéologie ne connaît pas de frontières. Il y a vingt ans, le terrorisme s’exportait depuis notre région, en particulier depuis les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite. A présent, il nous vient d’Europe, et notamment de France. Le plus gros contingent de terroristes occidentaux venus en Syrie est français. Ils commettent des attentats en France. En Belgique, ils ont attaqué le musée juif. Le terrorisme en Europe n’est plus dormant, il s’est réveillé.

-Les Américains sont aujourd’hui, contre l’Etat Islamique, des alliés tactiques. Considérez-vous toujours leur intervention comme une violation du territoire syrien?

-Vous avez utilisé le mot tactique, et c’est là un point important. Vous savez bien qu’une tactique n’a aucun sens sans une stratégie. Car elle seule n’arrivera pas à venir à bout du terrorisme. Il s’agit d’une intervention illégale, d’abord parce qu’elle n’a pas reçu l’approbation du Conseil de sécurité, ensuite parce qu’elle n’a pas tenu compte de la souveraineté d’un Etat qui est la Syrie. La réponse est « oui », c’est une intervention illégale, et donc une violation de la souveraineté nationale.

-L’AFP rapporte que votre aviation a effectué 2000 sorties aériennes en moins de 40 jours, ce qui est énorme. Quand vos avions croisent leurs avions, par exemple en allant bombarder Raqqa, existe-t-il un protocole de non agression ?

-Il n’y a pas de coordination directe. Nous attaquons le terrorisme là où il se trouve, sans prendre en considération ce que font les Etats Unis ou la coalition. Vous seriez sans doute surpris d’apprendre que le nombre quotidien de sorties de l’aviation syrienne pour frapper les terroristes est supérieur à celui de la coalition. Donc d’abord il n’y a pas de coordination. Ensuite les frappes de la coalition ne sont que cosmétiques.

-Mais ces frappes-là vous aident. La démission du Secrétaire Américain à la Défense Chuck Hagel s’explique en partie parce qu’il pensait qu’elles renforçaient votre gouvernement et vos positions.

-Notez que votre question contredit celle dans laquelle on est accusé de soutenir Daech. Ça veut dire plutôt que nous sommes des ennemies de Daech.

-J’ai dit qu’on entend qu’au départ, vous avez soutenu Daech pour diviser l’opposition.

-Je ne vous accuse pas, je fais plutôt allusion à ceux qui le pensent.

-Maintenant, une des conséquences était cette démission, du point de vue américain. Estimez-vous quand même que les frappes de la coalition vous aident ?

-On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de résultats réels après deux mois des campagnes menées par la coalition. Ce n’est donc pas vrai que les frappes de la coalition nous aident. Elles nous auraient certainement aidés si elles étaient sérieuses et efficaces. C’est nous qui menons les combats terrestres contre Daech, et nous n’avons constaté aucun changement, surtout que la Turquie apporte toujours un soutien direct dans ces régions.

-Le 14 juillet 2008, vous étiez à la tribune sur les champs Elysées en marge du sommet de la Méditerranée. Aujourd’hui le gouvernement français vous considère comme un paria, comment vivez vous cette situation?

-Les bonnes relations entre 2008 et 2011 n’étaient pas le résultat d’une initiative française. Il y a eu d’abord les américains qui ont chargé l’administration française à l’époque de faire pression sur la Syrie au sujet de l’Iran. Il y a eu ensuite le Qatar qui poussait la France à améliorer ses relations avec la Syrie. Entretenir de bonnes relations avec nous n’émanait donc pas d’une volonté indépendante de la France. Aujourd’hui, les choses n’ont pas changé. Hollande, comme Sarkozy, n’agit pas de son propre gré.

-François Hollande continue de vous considérer comme un adversaire, est-ce que vous pensez qu’à un moment le contact pourra être renoué ?

-Ce n’est pas une question de relations personnelles. D’ailleurs je ne le connais même pas. Il s’agit de relations entre Etats et institutions, et dans l’intérêt des deux peuples. Nous traiterons avec tout responsable ou gouvernement français dans l’intérêt commun. Mais l’administration actuelle œuvre à l’encontre des intérêts de notre peuple et de ceux du peuple français. Je ne suis ni l’ennemi personnel ni le rival d’Hollande. Je pense que c’est plutôt Daech qui est son rival, puisque leurs cotes de popularité sont très proches.

-Oui ou non, y a-t-il aujourd’hui en Syrie des armes chimiques ?

-Non, nous l’avons très clairement déclaré, et lorsque nous avons décidé de renoncer aux armes chimiques, c’était de manière définitive et totale.

-Pourtant le secrétaire d’Etat américain John Kerry vous accuse d’avoir violé le traité en faisant usage de chlore. Est-ce vrai ?

-Vous pouvez trouver du chlore dans n’importe quel foyer syrien. N’importe quelle faction peut l’utiliser. Mais nous, nous ne l’avons pas utilisé, car nous avons des armes conventionnelles plus efficaces que nous employons dans notre guerre contre les terroristes. Nous ne le cachons pas, car c’est notre droit. Ces accusations ne nous surprennent pas. D’ailleurs, depuis quand les américains disent-ils la vérité à propos de la crise syrienne ?!

-Avez vous utilisé des armes chimiques?

-Nous n’avons pas utilisé ce genre d’armes, autrement il y aurait eu des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, pas simplement 100 ou 200 personnes, comme on l’a dit l’année dernière, surtout dans des régions peuplées de centaines de milliers, voire de millions de syriens.

-A l’occasion de votre dernier séjour à Paris en novembre 2010, j’avais interviewé votre femme Asma. Est ce que ça vous manque de ne plus pouvoir voyager hors de vos frontières ?

-Je ne suis pas un amateur de voyage, et mes visites n’étaient pas pour faire du tourisme. Ce qui me manque vraiment c’est la Syrie telle quelle était. Ce qui nous manque, bien sûr c’est un monde différent où règnent des relations logiques et morales. Nous avions à l’époque de grands espoirs de développer notre région, de lui assurer une plus grande ouverture intellectuellement. Nous pensions que la France était, par son patrimoine culturel, la mieux placée pour jouer ce rôle avec la Syrie au Moyen-Orient.

-Votre femme se voyait comme une ambassadrice de la modernité, comment vit-elle cette situation, maintenant qu’elle est recluse en Syrie ?

-Comme tous les syriens, comme moi, elle éprouve de la douleur en voyant la destruction et le sang versé. Nous avons de la peine de voir notre pays revenir des décennies en arrière, et devenir un foyer de terrorisme après avoir été parmi les cinq premiers pays sur le plan de la sécurité. Tous les deux, nous sommes navrés de voir l’Occident, qu’on croyait capable d’aider à l’ouverture et au développement, prendre la direction inverse. Pire encore, que ses alliés soient des pays moyenâgeux du Golfe, comme l’Arabie Saoudite et le Qatar.

-On vous décrit comme quelqu’un d’extrêmement proche de ses enfants, comment leur expliquez-vous ce qui se passe dans votre pays le soir en rentrant chez vous ?

-Ce dialogue se déroule dans chaque foyer syrien. Le plus difficile est lorsqu’on a affaire avec des enfants dont la conscience sociale s’est formée durant la crise. Les deux principales questions qu’ils posent sont les suivantes : Comment des gens qui croient ou disent défendre Dieu et l’Islam peuvent-ils tuer et décapiter? C’est une contradiction difficile à expliquer. Les enfants demandent aussi si ces gens-là savent qu’ils se trompent. La réponse est que certains le savent et exploitent la religion à fins particulières, d’autres sont des ignorants qui ne savent pas que la religion c’est le bien, et non le meurtre. Ils nous posent une dernière question : « Pourquoi l’Occident nous attaque et soutient les terroristes ? ». Ils ne parlent évidemment pas de l’Occident en tant que tel, mais évoquent des pays précis comme les États-Unis, la France, la Grande Bretagne. « Pourquoi agissent-ils de la sorte ? Est-ce qu’on leur a fait du mal ? ». Nous leur expliquons alors que les peuples c’est une chose, et les Etats, c’en est une autre.

ENGLISH :

Damascus, SANA, President Bashar al-Assad gave an interview to “Paris Match” Magazine, following is the full text of the interview:

Question 1: Mr. President, three years into this war, and considering how things have turned out, do you regret that you haven’t managed things differently at the beginning, with the appearance of the first signs of the revolution in March 2011? Do you feel that you are responsible for what happened?

President Assad: Even in the first days of the events, there were martyrs from the army and the police; so, since the first days of this crisis we have been facing terrorism. It is true that there were demonstrations, but they were not large in number. In such a case, there is no choice but to defend your people against terrorists. There’s no other choice. We cannot say that we regret fighting terrorism since the early days of this crisis. However, this doesn’t mean that there weren’t mistakes made in practice. There are always mistakes. Let’s be honest: had Qatar not paid money to those terrorists at that time, and had Turkey not supported them logistically, and had not the West supported them politically, things would have been different. If we in Syria had problems and mistakes before the crisis, which is normal, this doesn’t necessarily mean that the events had internal causes.

Question 2: Your army is blamed for its excessive use of force during this war. Why are civilians shelled?

President Assad: When a terrorist attacks you with weapons, how do you defend yourself and your people, with dialogue?! The army uses weapons when the other side uses them. For us in Syria, it is impossible to have our objective as shelling civilians. There’s no reason to shell civilians. If we are killing civilians, in other words killing our people, fighting terrorists at the same time, and fighting the states which stand against us and which support terrorists, like the Gulf countries, Turkey, and the West, how could we stand for four years? If we haven’t been defending the people, we wouldn’t have been able to stand all this pressure. Consequently, saying that we are shelling civilians doesn’t make any sense.

Question 3: Satellite imagery of the cities of Homs and Hama show completely destroyed neighborhoods; and the United Nations, of which your country is a member, talks about 190,000 people having been killed in this war. Were all the people in those neighborhoods terrorists?

President Assad: First of all, you need to verify the figures provided by the United Nations. What are the sources of these figures? The figures being circulated in the world, particularly in the media, are exaggerated and inaccurate. Second, images of destruction are not only obtained through satellite images, they are there actually on the ground, and they are accurate. When terrorists enter a certain region and occupy it, the army has to liberate it, and there is a battle. So, naturally, there is destruction. But in most cases, when terrorists enter a certain area, civilians flee from it. In fact, the largest number of victims in Syria is among the supporters of the state, not the other way round; and a large number of those were killed in terrorist attacks. Of course, when you have war and terrorism innocent people die. This happens everywhere in the world. But it is impossible for a state to target civilians.

Question 4: According to the United Nations too, there are three million Syrian refugees in neighboring countries, what amounts to one eighth of Syria’s population. Are all those allied with terrorists?

1President Assad: No, no. Those who left Syria are generally people who left because of terrorism. There are those who support terrorism, and there are those who support the state but left because of the security situation. There is also a significant number of those who do not support any side.

Question 5: From a military perspective, do you have the means which enable you to win this war?

President Assad: Now we are fighting states, not only gangs. Billions of dollars are spent on those gangs. They receive arms from different countries, including Turkey. So, it is not an easy war from a military perspective. Nevertheless, the Syrian Army is winning in many places. On the other hand, no one can say how this war will end or when. But the major war for them in the beginning was how to win the hearts of the Syrians; and they have lost this war. The communities which embraced terrorists have become very small, and that is the reason why the army is winning. So, we have to look at this war militarily, socially, and politically.

Question 6: But they haven’t lost yet, since half your territories are out of your control.
President Assad: The Syrian Army doesn’t have a presence everywhere, and it’s impossible for it to be everywhere. Consequently, in any place that the Syrian Army doesn’t have a presence, terrorists cross the borders and enter that region. But the Syrian Army has been able to regain control over any region it decided to enter. This is not a war between two armies where you can say that they took a certain part and we took another part. The war now is not like that. We are talking about terrorist groups which suddenly infiltrate a city or a village. That’s why it’s going to be a long and difficult war.

Question 7: Many people say that the solution lies in your departure. Do you believe that your departure is the solution?

2President Assad: The president of any state in the world takes office through constitutional measures and leaves office through constitutional measures as well. No President can be installed or deposed through chaos. The tangible evidence for this is the outcome of the French policy when they attacked Gaddafi. What was the result?
Chaos ensued after Gaddafi’s departure. So, was his departure the solution? Have things improved, and has Libya become a democracy? The state is like a ship; and when there is a storm, the captain doesn’t run away and leave his ship to sink. If passengers on that ship decided to leave, the captain should be the last one to leave, not the first.

Question 8: This means that the captain is prepared to die. You talked about Gaddafi. Do you fear facing the same fate and to meet your death like Saddam Hussein and Gaddafi?

President Assad: A captain doesn’t think of life and death, he thinks of saving his ship. If the ship sinks, everybody will die, so we would rather save the country. But I want to stress an important point here. Remaining president had never been my objective, before, during, or after the crisis. But we as Syrians will never accept that Syria become a western puppet state. This is one of our most important objectives and principles.

Question 9: Let’s talk about ISIS. Some people say that the Syrian regime encouraged the rise of Islamic extremists in order to divide the opposition. How do you respond to that?

President Assad: In Syria we have a state, not a regime. Let’s agree on the terms first.
Second, assuming that what you are saying is true, that we supported ISIS, this means that we have asked this organization to attack us, attack military airports, kill hundreds of soldiers, and occupy cities and villages. Where is the logic in that? What do we gain from it? Dividing and weakening the opposition, as you are saying? We do not need to undermine those elements of the opposition. The West itself is saying that it was a fake opposition.
This is what Obama himself said. So, this supposition is wrong, but what is the truth? The truth is that ISIS was created in Iraq in 2006. It was the United States which occupied Iraq, not Syria. Abu Bakr al-Baghdadi was in American prisons, not in Syrian prisons. So, who created ISIS, Syria or the United States?

Question 10: The Syrians we meet in Damascus talk about sleeping Jihadi cells in the West more than they talk about the war against ISIS. Isn’t that strange?

4President Assad: Terrorism is an ideology, not an organization or a structure; and ideology doesn’t acknowledge any borders. 20 years ago, terrorism used to be exported from our region, particularly from Gulf countries, like Saudi Arabia. Now, it is coming to our region from Europe, especially from France. The largest percentage of the European terrorists
coming to Syria are French; and you had a number of incidents in France. There was also an attack in Belgium against a Jewish museum. So, terrorism in Europe is no longer asleep, it is being awakened.

Question 11: The Americans, in their war against ISIS, are tactical (temporary) allies. Do you still think that their intervention constitutes a violation of national sovereignty?

President Assad: First, you said that it is tactical, and this is an important point. You know that tactics without a strategy do not produce results, so it will not defeat terrorism. It is an illegal intervention, first because it is not authorized by a Security Council resolution, and second because it did not respect the sovereignty of a state, Syria, in this case. So, it is an illegal intervention, and consequently constitutes a violation of sovereignty.

Question 12: According to Agence France Presse, your air forces made at least 2,000 sorties in 40 days, and this is a huge number. When your aircraft cross the alliance’s aircraft, for instance on their way to shell Raqqa, do you coordinate or do you have a non-aggression agreement?

President Assad: There is no direct coordination. We attack terrorism everywhere, regardless of what the United States, or the alliance it leads, is doing. You might find it strange that the number of daily Syrian air strikes against terrorists is larger than that launched by the alliance. There’s no coordination; and at the same time you need to realize that the alliance’s airstrikes are merely cosmetic.

Question 13: But these airstrikes are helping you, and one reason why U.S. Secretary of Defence Chuck Hagel resigned is that he believed that they support your government and your positions.

President Assad: Don’t you see that this question contradicts the earlier question, in which you said that we support ISIS? This means that we are ISIS’s enemies.

Journalist: I said that some people say, sometimes, that you have supported ISIS to divide the opposition.

President Assad: And I didn’t mean “you” by my remark, I meant “those” people.
Journalist: Since one result of the alliance’s airstrikes, from an American perspective, was Chuck Hagel’s resignation, do you think that the alliance’s airstrikes are helping you?
3President Assad: Terrorism cannot be destroyed from the air, and you cannot achieve results on the ground without land forces who know the geographical details of the regions and move in tandem with the airstrikes. That’s why, and after two months of the alliance’s airstrikes, there are no tangible results on the ground in that direction. And that’s why saying that the alliance’s airstrikes are helping us is not true. Had these airstrikes been serious and effective, I would have said that they would be certainly useful to us. But we are the ones fighting the battles against ISIS on the ground, and we haven’t felt any change, particularly that Turkey is still extending direct support to ISIS in those regions.

Question 14: On July 14th, 2008, you stood on the presidential podium in the Champs Elysees on the sidelines of the Mediterranean summit. Today, the French government considers you an outcast. How do you feel about that?

President Assad: The good relationship which extended from 2008 to 2011 was not based on a French initiative. It had two sides: the first was an American effort to make the French government influence the Syrian role, particularly in relation to Iran. The second side was a result of Qatar urging France to improve relations with Syria. So, the good relations with France had American and Qatari motives and were not the product of an independent will. Today, there is no difference since both administrations, I mean those of Sarkozy and Hollande, are not independent.

Question 15: Francois Hollande still considers you an opponent. Do you believe that you can revive relations with him some time in the future?

President Assad: The issue has nothing to do with personal relations, for I don’t know him to start with. It has to do with relations between states and institutions, relations based on the interests of two nations. When there is any French official, or French government, seeking mutual interests, we will deal with them. But this administration is acting equally against the interests of our people and against the interests of the French people. As for him considering me a personal enemy, I don’t see the logic of that. I’m not competing with Hollande for anything. I believe that Hollande’s competitor in France now is ISIS, because his popularity is close to that of ISIS.

Question 16: Are there chemical weapons in Syria today, yes or no?

President Assad: No. When we announced this, it was a clear announcement, and when we decided to abandon chemical weapons, our decision was final.

Question 17: But U.S. Secretary of State John Kerry accuses you of violating the agreement because you used chlorine. Is that true?

5President Assad: You can find chlorine in any house in Syria. Everyone has chlorine, and any group can use it. But we haven’t used it because we have traditional weapons which are more effective than chlorine, and we do not need to use it. We are fighting terrorists, and using traditional weapons without concealing that or being shy about it. So, we don’t need chlorine. These accusations do not surprise us; for when did the Americans say anything true about the crisis in Syria?

Question 18: Have you used chemical weapons?

President Assad: We haven’t used this kind of weapons; and had we used it anywhere, tens, if not hundreds, of thousands of people would have died. It’s impossible for these weapons to kill, as it was claimed last year, only one hundred people or two hundred people, particularly in areas where hundreds of thousands, and maybe millions, of Syrians live.
Question 19: In your latest visit to Paris in November 2010, I conducted an interview with your wife, Mrs. Asmaa al-Assad. Do you miss traveling outside the borders of your country?
President Assad: Traveling is not one of my hobbies anyway; and my visits were not for tourism, but for work. What I truly miss is Syria as it was. This is what we miss. And of course we miss the existence of a different world, a world which has logical and moral relations. At that time, we used to have great expectations for the development of our region, for more intellectual openness. We used to believe that France, with its cultural heritage, is the country which is most capable of playing this role with Syria in the Middle East.

Question 20: Your wife used to consider herself an ambassador of modernity. How does she live in Syria, and how does she feel about what is happening in Syria, particularly that she hasn’t left the country?

President Assad: Like all Syrians, she feels pain. Both of us feel pain for the destruction and the blood we see in Syria, to see Syria going backwards decades and not years. It’s painful to see the country which used to be one of the top five countries in the world in terms of security become a safe haven for terrorists. It is also painful for both my wife and I to see our belief that the West will help us in our bid for development and openness go in the opposite direction, and what is even worse, to see the West having allies among these medieval states in the Gulf, like Saudi Arabia and Qatar.

Question 21: People describe you as being very close to your children. How do you explain to them what is happening to your country when you return home in the evening?
6President Assad: Of course, this discussion goes on in every Syrian house now; and the most difficult thing in this discussion is when you deal with children whose social consciousness has developed during this crisis. There are two basic questions asked, not only in our family but in many families. The first question: how can people who believe or say they are defending God and Islam kill and murder? This is a case which is not easy to explain, and children ask whether these people know that they are wrong. And the answer here is that there are those who know but make use of religion for private purposes, and there are ignorant people who do not know that religion is good. They think, instead, that religion means killing.

The second question: why does the West launch an aggression against us, and why does it support terrorists and destruction? Of course, they do not say the West in general, they specify certain countries, including the United States, France, and Britain. Why do they do that? Have we done anything to hurt them? We also explain to them that people are something, and states are something else.
Journalist: Thank you.
President Assad: Thank you.

ARABIC :

مشق-سانا
أكد السيد الرئيس بشار الأسد أن سورية تقوم بمهاجمة الإرهاب في كل مكان بغض النظر عما تقوم به الولايات المتحدة أو التحالف مشددا على أننا نحن السوريين لن نقبل بأن تكون سورية دولة دمية للغرب وهذا بكل وضوح أحد أهم أهدافنا ومبادئنا.

ولفت الرئيس الأسد في مقابلة مع مجلة باري ماتش الفرنسية إلى أنه لا يمكن القضاء على الإرهاب من الجو ولا يمكن تحقيق نتائج على الأرض إن لم تكن هناك قوات برية ملمة بتفاصيل جغرافية المناطق وتتحرك معها في الوقت نفسه ولذلك بعد أكثر من شهرين من حملات التحالف ليست هناك نتائج حقيقية على الأرض في هذا الاتجاه مبينا أن القول إن ضربات التحالف تساعدنا غير صحيح وإن حقيقة هذه الضربات هي ضربات تجميلية.

وأوضح الرئيس الأسد أن الإرهاب هو إيديولوجيا عابرة للحدود وليس منظمات ولا هيكليات حيث انه قبل عشرين عاما كان تصدير الإرهاب يأتي من المنطقة وخاصة من دول الخليج كالسعودية والآن يأتي من أوروبا وخاصة من فرنسا مشيرا إلى أن النسبة الأعلى من الإرهابيين الأوروبيين الذين يأتون إلى سورية هي من الفرنسيين.

وفيما يلي النص الكامل للمقابلة:

السؤال الأول: سيدي الرئيس.. بعد ثلاثة أعوام من الحرب وبالنظر إلى ما آلت إليه الأمور اليوم.. هل أنتم نادمون لأنكم لم تديروا الأمور بشكل مختلف في البداية عندما ظهرت بوادر الثورة في آذار/2011/ …أتشعرون أنكم مسؤولون عما حدث…

الرئيس الأسد..

منذ الأيام الأولى كان هناك شهداء من الجيش والشرطة.. فإذا نحن منذ الأيام الأولى واجهنا إرهابا.. صحيح كانت هناك مظاهرات.. ولكن عددها لم يكن كبيرا فليس هناك خيار في مثل هذه الحالة إلا أن تدافع عن شعبك ضد الإرهابيين.. ليس هناك خيار آخر.. لا يمكن أن نقول إننا نادمون لأننا نحارب الإرهاب منذ الأيام الأولى.. هذا لا يعني بأنه لا يحصل أخطاء في الممارسة.. دائما يحصل أخطاء.. لنتحدث أيضا بصراحة.. لو لم تدفع قطر في ذلك الوقت الأموال لأولئك الإرهابيين في البداية.. ولو لم تدعمهم تركيا لوجستيا.. ولو لم يدعمهم الغرب سياسيا.. عندها كانت الأمور ستختلف.. فإذا كانت لدينا في سورية مشكلات وأخطاء قبل الأزمة وهذا شيء طبيعي.. فذلك لا يعني أن نفترض بأن تطور الأحداث سببه داخلي.

لو لم ندافع عن الشعب لما كنا قادرين على الصمود

السؤال الثاني: يُعاب على جيشكم استخدامه المفرط للقوة أثناء هذه الحرب.. لماذا يُقصف المدنيون…

الرئيس الأسد..

عندما يهاجمك إرهابي بالسلاح.. كيف تدافع عن نفسك وعن الشعب.. بالحوار… الجيش يستخدم السلاح عندما يكون هناك استخدام للسلاح من قبل الطرف الآخر. بالنسبة لنا في سورية نحن لا يمكن أن يكون هدفنا ضرب المدنيين.. ليس هناك سبب لتقصف المدني.. فإذا كنا نحن اليوم نقتل المدنيين أي نقتل الشعب.. ونقاتل الإرهابيين في الوقت نفسه.. ونقاتل الدول التي تقف ضدنا وتدعم الإرهابيين.. الخليج.. وتركيا.. والغرب.. فكيف يمكن أن نصمد أربع سنوات… لو لم ندافع عن الشعب لما كنا قادرين على الصمود.. وبالتالي إن القول بأننا نقصف المدنيين هو كلام غير منطقي.

السؤال الثالث: تظهر صور بالأقمار الصناعية لمدينتي حمص وحماة أحياء مدمرة بالكامل.. وتتحدث منظمة الأمم المتحدة.. وبلدكم عضو فيها.. عن 190 ألف قتيل خلال هذه الحرب.. هل كان كل سكان تلك الأحياء إرهابيين…

الرئيس الأسد..
أولا.. علينا أن ندقق إحصائيات الأمم المتحدة.. ما مصادرها… الأرقام التي تطرح الآن في العالم وخاصة في الإعلام هي أرقام مبالغ فيها.. غير صحيحة. ثانيا.. صور الدمار موجودة ليس فقط من الأقمار الصناعية.. هي موجودة فعليا على الأرض.. هي صحيحة.. ولكن عندما يأتي الإرهابيون إلى منطقة ويحتلونها فعلى الجيش أن يقوم بتحريرها وتحصل معركة فمن الطبيعي أن يكون هناك دمار.. ولكن في معظم الحالات.. عندما يدخل إرهابيون إلى منطقة فالمدنيون يهربون منها.

في الحقيقة إن العدد الأكبر من الضحايا في سورية هم من الذين يؤيدون الدولة وليس العكس.. وجزء كبير سقط بالتفجيرات الإرهابية.. طبعا عندما يكون لديك حرب وعندما يكون لديك إرهاب لا يمكن إلا أن يسقط أبرياء.. هذا شيء يحدث في أي مكان في العالم.. ولكن من المستحيل لدولة أن تستهدف المدنيين.

السؤال الرابع: حسب منظمة الأمم المتحدة أيضا.. هناك ثلاثة ملايين لاجئ سوري في الدول المجاورة..
أي ما يعادل ثمن عدد سكان سورية.. هل هم جميعا حلفاء للإرهابيين…

الرئيس الأسد..

لا.. لا.. من خرج من سورية عموما هم أشخاص خرجوا بسبب الإرهاب.. منهم من يدعم الإرهاب.. ومنهم من يدعم الدولة فخرج بسبب الظروف الأمنية.. وهناك جزء ليس بالقليل لا يدعم أحدا أصلا.
نحن الآن نحارب دولاً.. لا نحارب فقط عصابات

السؤال الخامس: من وجهة النظر العسكرية.. هل تملكون الوسائل الكفيلة بجعلكم تربحون هذه الحرب…

الرئيس الأسد..

نحن الآن نحارب دولاً.. لا نحارب فقط عصابات.. مليارات الدولارات تصرف على هؤلاء.. ويأتيهم السلاح من دول مختلفة بما فيها تركيا.. لذلك فهي ليست حربا سهلة من الناحية العسكرية.. ومع ذلك فإن الجيش السوري يتقدم في الكثير من المناطق. من جهة ثانية لا أحد يستطيع أن يقول لك كيف ستنتهي الحرب ومتى ستنتهي.. لكن الحرب الأساسية كانت في البداية بالنسبة لهم هي كيف يكسبون قلوب السوريين.. وقد خسروا هذه الحرب.. وحاضنة الإرهابيين أصبحت ضيقة جدا.. وتراجع هذه الحاضنة هو السبب في تقدم الجيش.. فإذا علينا أن ننظر إلى هذه الحرب عسكريا واجتماعيا وسياسيا.

السؤال السادس: لكنهم لم يخسروا بعد بما أن نصف أراضيكم خارج السيطرة.

الرئيس الأسد..

إن الجيش السوري ليس في كل مكان.. ومن المستحيل أن يكون موجودا في كل مكان.. وبالتالي ففي أي مكان ليس فيه الجيش السوري يأتي الإرهابيون من الحدود ويدخلون إلى تلك المنطقة.. ولكن أي منطقة قرر الجيش السوري استعادتها تمكن من الدخول إليها.. هي ليست حربا بين جيشين لكي نقول انهم أخذوا جزءا وأخذنا جزءا.. الحرب ليست بهذه الطريقة الآن.. أنت تتحدث عن مجموعات إرهابية تتسلل فجأة إلى أي مدينة.. وإلى أي قرية.. لذلك ستكون حربا طويلة وصعبة.

السؤال السابع: يقول الكثيرون إن الحل في رحيلكم.. هل تعتقدون أن رحيلكم هو الحل…

الرئيس الأسد..

الرئيس في أي دولة في العالم يأتي بإجراءات دستورية ويذهب بإجراءات دستورية.. لا يمكن للرئيس أن يأتي عبر الفوضى ولا أن يذهب عبر الفوضى.. والدليل الواقعي لهذا الكلام هو ما وصلت إليه السياسة الفرنسية في ليبيا عبر الهجوم على القذافي.. ماذا كانت النتيجة… حصلت فوضى بعد رحيل القذافي.. هل كان رحيله هو الحل… هل تحسنت الأوضاع وأصبحت ليبيا ديمقراطية… الدولة كالسفينة عندما تكون هناك عاصفة لا يهرب الربان ويترك السفينة.. إذا قرر الركاب أن يخرجوا فآخر شخص يخرج هو القبطان وليس العكس.

نحن كسوريين لن نقبل أن تكون سورية دولة دمية للغرب.. هذا بكل وضوح أحد أهم أهدافنا ومبادئنا

السؤال الثامن: هذا يعني أن القبطان مستعد للموت.. تحدثتم عن معمر القذافي فهل تخشون أن تواجهوا المصير نفسه وأن تلقوا حتفكم كصدام حسين أو القذافي…

الرئيس الأسد..

أولا.. القبطان لا يفكر بالموت أو الحياة.. يفكر بإنقاذ السفينة.. هذا ما يفكر به.. فإذا غرقت السفينة فسيموت الجميع.. وبالتالي فالأحرى بنا أن ننقذ البلاد.. لكن أريد أن أؤكد شيئا مهما وهو أن بقائي رئيسا ليس هدفا بالنسبة لي قبل الأزمة ولا خلالها ولا بعدها.. لكن نحن كسوريين لن نقبل أن تكون سورية دولة دمية للغرب.. هذا بكل وضوح أحد أهم أهدافنا ومبادئنا.

السؤال التاسع: لنتحدث عن/الدولة الإسلامية/.. البعض يقول أحيانا إن النظام السوري شجع صعود المتطرفين الإسلاميين لتقسيم المعارضة.. ما ردكم على ذلك…

الرئيس الأسد..

في سورية لدينا دولة.. ليس لدينا نظام.. لنتفق على المصطلحات أولا.. ثانيا.. إذا افترضنا أن هذا الكلام صحيح.. بأننا نحن من دعمنا/داعش/.. هذا يعني أننا طلبنا من هذه المنظمة أن تقوم بالهجوم علينا.. أن تهاجم المطارات العسكرية.. وتقتل المئات من العسكريين.. وأن تحتل مدنا وقرى.. أين المنطق في هذا الكلام… ماذا نكسب من وراء ذلك… تقسيم وإضعاف المعارضة كما تقول… نحن لسنا بحاجة لكي نقلل من أهمية تلك الأطراف في المعارضة.. فالغرب نفسه يتحدث الآن بأنها كانت معارضة وهمية.. هذا ما قاله أوباما نفسه.. إذا الفرضية خاطئة.. لكن ما الحقيقة… الحقيقة أن/داعش/تأسست في العراق عام/2006/.. أمريكا هي من احتل العراق وليس سورية.. أبوبكر البغدادي كان في سجون أمريكا ولم يكن في سجون سورية.. فمن أسس/داعش/… سورية أم الولايات المتحدة…

الإرهاب هو ايديولوجيا وليس منظمات ولا هيكليات.. والنسبة الأعلى من الإرهابيين الأوروبيين الذين يأتون إلى سورية هي من الفرنسيين

السؤال العاشر: يتحدث السوريون الذين نلتقي بهم في دمشق عن الخلايا الجهادية النائمة في الغرب أكثر مما يتحدثون عن الحرب ضد/داعش/.. أليس هذا غريبا…

الرئيس الأسد..

الإرهاب هو ايديولوجيا وليس منظمات ولا هيكليات..والايديولوجيا عابرة للحدود.. قبل عشرين عاما كان تصدير الإرهاب يأتي من منطقتنا.. وخاصة من دول الخليج كالسعودية.. الآن يأتينا من أوروبا وخاصة من فرنسا.. النسبة الأعلى من الإرهابيين الأوروبيين الذين يأتون إلى سورية هي من الفرنسيين.. وحصلت لديكم أحداث في فرنسا.. وكان هناك الهجوم في بلجيكا على المتحف اليهودي.. فإذا الإرهاب في أوروبا لم يعد نائما.. وإنما أعيد إحياؤه.

السؤال الحادي عشر: الأمريكيون اليوم في حربهم على/الدولة الإسلامية/حلفاء تكتيكيون/مرحليون/.. أما زلتم ترون أن تدخلهم انتهاك للسيادة الوطنية…

الرئيس الأسد..

أولا.. أنت قلت بأنه تكتيكي وهذه الكلمة نقطة مهمة.. أنت تعرف أن التكتيك دون استراتيجية لا يؤدي إلى نتائج.. فإذا لن يؤدي إلى هزيمة الإرهاب.. هو تدخل غير قانوني.. أولا لأنه لم يغط بقرار من مجلس الأمن.. ولأنه لم يراع سيادة دولة هي سورية.. فإذا نعم هو تدخل غير قانوني وبالتالي هو انتهاك للسيادة.

نقوم بمهاجمة الإرهاب في كل مكان بغض النظر عما تقوم به الولايات المتحدة.. أو التحالف

السؤال الثاني عشر: حسب وكالة الأنباء الفرنسية.. قام سلاحكم الجوي بألفي طلعة على الأقل خلال 40 يوما.. وهذا عدد ضخم.. عندما تتقاطع طائراتكم مع طائراتهم.. مثلا وهي في طريقها لقصف الرقة.. هل هناك بينكم تنسيق أو اتفاق عدم اعتداء…

الرئيس الأسد..

ليس هناك تنسيق مباشر.. ولكن نحن نقوم بمهاجمة الإرهاب في كل مكان بغض النظر عما تقوم به الولايات المتحدة.. أو التحالف.

وقد تستغرب بأن عدد الطلعات الجوية السورية لضرب الإرهابيين يوميا هو أكثر من طلعات التحالف.. إذا ليس هناك تنسيق أولا.. وفي الوقت نفسه فحقيقة ان ضربات التحالف هي ضربات تجميلية.

لا يمكن القضاء على الإرهاب من الجو.. ولا يمكن تحقيق نتائج على الأرض إن لم تكن هناك قوات برية ملمة بتفاصيل جغرافية المناطق وتتحرك معها في الوقت نفسه

السؤال الثالث عشر: لكن هذه الضربات تساعدكم.. ومن أسباب استقالة وزير الدفاع الأمريكي تشاك هيغل اعتقاده أنها تدعم حكومتكم ومواقفكم.

الرئيس الأسد..

لاحظ أن مضمون هذا السؤال يناقض السؤال السابق بأننا ندعم /داعش/.. هذا يعني أننا أعداء لـ/داعش/.

/مداخلة/ /توضيح من الصحفي/: أنا قلت إن البعض يقول أحيانا أنكم دعمتم/ داعش/لتقسيم المعارضة.

الرئيس الأسد..

وأنا لا أقصدك أنت.. أنا أقصد هؤلاء/البعض/.

القول بأن ضربات التحالف تساعدنا غير صحيح

/مداخلة من الصحفي/: بما أن إحدى نتائج هجوم التحالف كانت استقالة تشاك هيغل من وجهة النظر الأمريكية.. هل ترون أن ضربات التحالف هذه تساعدكم…

الرئيس الأسد..

لا يمكن أن تقضي على الإرهاب من الجو.. ولا يمكن أن تحقق نتائج على الأرض إن لم تكن هناك قوات برية ملمة بتفاصيل جغرافية المناطق وتتحرك معها في الوقت نفسه.. لذلك بعد أكثر من شهرين من حملات التحالف.. ليست هناك نتائج حقيقية على الأرض بهذا الاتجاه. فالقول بأن ضربات التحالف تساعدنا غير صحيح.. لو كانت هذه الضربات جدية وفاعلة فسأقول لك إننا سنستفيد بكل تأكيد.. ولكننا نحن من نخوض المعارك على الأرض ضد/داعش/ولم نشعر بأي تغير وخاصة أن تركيا مازالت تدعم/داعش/مباشرة في تلك المناطق.

السؤال الرابع عشر: في 14 تموز 2008 وقفتم على المنصة الرئيسية في الشانزليزيه.. على هامش القمة المتوسطية.. اليوم تعتبركم الحكومة الفرنسية من المقصيين.. ما شعوركم حيال ذلك…

الرئيس الأسد..

العلاقة الجيدة التي امتدت بين عامي 2008 و2011 لم تكن بمبادرة فرنسية.. بل كان لها جانبان.. الأول الأمريكي الذي كلف الإدارة الفرنسية آنذاك أن تؤثر في الدور السوري وخاصة فيما يتعلق بإيران.. والثاني الدور القطري الذي دفع فرنسا باتجاه تحسين العلاقة مع سورية.. إذا العلاقة الجيدة مع فرنسا كانت بدفع أمريكي قطري وليست بإرادة مستقلة واليوم.. ليس هناك فرق فكلتا الإدارتين ليست مستقلة.. أقصد هولاند وساركوزي.

الإدارة الفرنسية تعمل ضد مصلحة شعبنا وضد مصلحة الشعب الفرنسي في الوقت نفسه ومن ينافس هولاند في فرنسا الآن هو /داعش/

السؤال الخامس عشر.. مازال فرانسوا هولاند يعتبركم خصما له.. هل تعتقدون إمكانية إعادة التواصل بينكم في وقت من الأوقات…

الرئيس الأسد..

القضية ليست علاقات شخصية.. أنا لا أعرفه أساسا.. القضية هي علاقات بين الدول والمؤسسات.. وهي علاقة مصالح بين شعبين.. عندما يكون هناك أي مسؤول فرنسي أو حكومة فرنسية تعمل من أجل المصلحة المشتركة نحن سنتعامل معها.. ولكن هذه الإدارة تعمل ضد مصلحة شعبنا وضد مصلحة الشعب الفرنسي في الوقت نفسه.. أما بالنسبة لكوني أنا عدوه الشخصي فأنا لا أرى منطقا في ذلك.. فأنا لا أنافس هولاند على أي شيء.. أعتقد أن من ينافسه في فرنسا الآن هو/داعش/.. لأن شعبيته قريبة من شعبية/داعش/.

السؤال السادس عشر: هل هناك اليوم في سورية أسلحة كيميائية.. نعم أم لا…

الرئيس الأسد..

لا.. عندما أعلنا هذا الشيء كان إعلاننا واضحا.. وعندما قررنا التنازل عن الأسلحة الكيميائية كان قرارنا كاملا..

الاتهامات الأميركية لا تفاجئنا.. فمنذ متى يقول الأمريكيون شيئا صحيحا حول الأزمة في سورية

السؤال السابع عشر: لكن وزير الخارجية الأمريكي جون كيري يتهمكم بانتهاك الاتفاقية لأنكم استخدمتم الكلور.. هل هذا صحيح…

الرئيس الأسد..

يمكن أن تجد الكلور في أي منزل في سورية.. كل إنسان لديه كلور.. وأي مجموعة تستطيع أن تستخدمه.. لكننا لم نستخدمه.. لأن لدينا أسلحة تقليدية أكثر فاعلية من الكلور.. ولسنا بحاجة لاستخدامه.. ونحن نقوم بحرب على الإرهابيين ونستخدم السلاح التقليدي دون أن نخفي ذلك أو نخجل منه وهذا حقنا.. وبالتالي
لسنا بحاجة للكلور.. إن هذه الاتهامات لا تفاجئنا.. فمنذ متى يقول الأمريكيون شيئا صحيحا حول الأزمة في سورية.

السؤال الثامن عشر: هل استخدمتم الأسلحة الكيميائية…

الرئيس الأسد..

لم نستخدم هذا النوع من الأسلحة.. ولو استخدمناها في أي مكان لقتل عشرات وربما مئات الآلاف من الناس.. هذه الأسلحة لا يمكن أن تقتل.. كما قيل في العام الماضي 100 أو 200 شخص فقط.. وخاصة في مناطق فيها على الأقل مئات الآلاف وربما الملايين من السوريين.
السؤال التاسع عشر: في آخر زيارة لكم إلى باريس في تشرين الثاني 2010 أجريت مع عقيلتكم السيدة أسماء لقاء صحفيا.. هل تشتاقون للسفر خارج حدود بلدكم…

الرئيس الأسد..

أنا لست من هواة السفر على أي حال.. ولم تكن زياراتي للسياحة بل للعمل.. لكن ما أشتاق إليه بالفعل هو لسورية كما كانت.. هذا ما نشتاق إليه.. وطبعا نشتاق لعالم مختلف.. عالم فيه علاقات منطقية وأخلاقية.. كنا في ذلك الوقت نعيش آمالا كبيرة لتطوير منطقتنا.. لمزيد من الانفتاح الفكري.. وكنا نعتقد أن فرنسا بتراثها الثقافي هي الدولة الأكثر قدرة على لعب هذا الدور مع سورية في الشرق الأوسط.
السؤال العشرون: كانت عقيلتكم تعتبر نفسها سفيرة الحداثة والعصرية.. كيف تعيش وتستشعر ما يحدث في سورية اليوم…

الرئيس الأسد..

هي.. ككل السوريين تشعر بالألم.. كلانا يشعر بالألم لما نراه من دمار ودماء في سورية.. أن نرى سورية عادت إلى الخلف عقودا وليس سنوات.. وأن نرى أن البلد الذي كان من الدول الخمس الأوائل في العالم من حيث الأمان يصبح ملجأ للإرهابيين.. وأن نرى أنا وهي طبعا أن اعتقادنا بأن الغرب هو من سيساعد في الانفتاح والتطوير ذهب بالاتجاه المقابل.. أولا ليدعم الإرهابيين والتدمير.. والأسوأ من ذلك أن يكون حلفاؤه هم من دول العصور الوسطى في الخليج كالسعودية وقطر.
السؤال الحادي والعشرون: يصفونكم بأنكم شخص قريب جدا من أولاده.. كيف تفسرون لهم ما يحدث في بلدكم عندما تعودون في المساء إلى البيت…

الرئيس الأسد..

طبعا هذا الحوار الآن يدور في كل منزل في سورية.. وأصعب شيء في هذا الحوار عندما تتعامل مع أطفال تكون وعيهم الاجتماعي في هذه الأزمة.. هناك سؤالان أساسيان يسألان.. طبعا ليس فقط في عائلتنا كما قلت بل في كثير من العائلات.. السؤال الأول.. كيف يمكن لأشخاص يعتقدون أو يقولون إنهم يدافعون عن الله وعن الدين الإسلامي أن يقوموا بالذبح والقتل… هذه حالة من التناقض ليس من السهل أن تفسرها.. والأطفال يسألون هل يعرف هؤلاء أنهم على خطأ أم لا يعرفون.. والجواب هنا أنه هناك من يعرف ولكنه يستغل الدين لأهداف خاصة.. وهناك إنسان جاهل لا يعرف أن الدين هو خير ويعتقد أن الدين هو القتل.

السؤال الآخر الذي يسأل أيضا.. لماذا يعتدي الغرب علينا ولماذا يدعم الإرهابيين أو يدعم التخريب… وطبعا لا يقولون الغرب عموما بل يحددون دولا /منها أمريكا.. فرنسا.. أو بريطانيا/ لماذا يفعلون ذلك… هل قمنا بإيذائهم… ونحن أيضا نشرح لهم أن الشعوب شيء والدول شيء آخر.

الصحفي: شكرا لكم

الرئيس الأسد..

شكرا لكم

Azouzi & Maha

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A propos azouzi

"J'ai fait le premier pas et le plus pénible dans le labyrinthe obscur et fangeux de mes confessions. Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux." Jean-Jacques Rousseau : Les confessions
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